Projet Gestion Intégrée Des Déchets Dans Les Villes Des Gonaïves Et ...

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AGENCE FRANCAISE DE DEVELOPPEMENT
COMITÉ DES ÉTATS ÉTRANGERS DU 26 MAI 2010
____________________________
République d’Haïti
Projet Gestion intégrée des déchets dans les villes des Gonaïves et du Cap-Haïtien
(GIDE)
RÉSUMÉ
Le Conseil d’Administration de l’Agence Française de Développement avait retiré la
présentation de ce dossier de l’ordre du jour de son Comité du 20 janvier, qui se situait une
semaine après le séisme. Il est à nouveau soumis au Comité après une mission dépêchée sur
place qui a permis de s’assurer de l’adéquation de son contenu au nouveau contexte haïtien et
de confirmer l’intérêt des autorités haïtiennes pour ce projet.
Contexte du projet
La République d’Haïti connaît depuis près de vingt ans une situation économique et sociale
particulièrement difficile. L’économie est peu active, l’insécurité a fortement cru,
l’environnement est très dégradé, les tensions sociales permanentes et presque tous les
indicateurs de développement sont en régression. Haïti est aujourd’hui le pays le plus pauvre
des Amériques.
Le séisme du 12 janvier 2010 qui a frappé le cœur du pays a encore fragilisé l’économie
haïtienne et quasiment détruit ce qui constituait l’État. Les dommages sont estimés à près de 8
milliards de $US, soit plus d’une année de PIB. Le bilan humain est de près de 300 000 décès
et davantage de blessés.
Cette catastrophe met en évidence l’extrême vulnérabilité d’un territoire dans sa dimension
urbaine comme environnementale. L’ampleur des pertes résulte en partie du déséquilibre qui
existait entre la capitale et le reste du territoire avec plus de 65% de l’activité économique et
85% des recettes fiscales concentrées à Port-au prince.
Bien que les villes du Cap-Haïtien et des Gonaïves n’aient pas été directement touchées par
cette catastrophe, elles en subissent d’importantes conséquences indirectes. En effet, 850 000
personnes ont quitté la capitale et se sont réfugiées dans les villes de province dont 350 000
dans la région Nord selon l’Agence de Protection Civile haïtienne. Ce mouvement migratoire
accroît encore un peu plus la pression sur ces deux villes.
Néanmoins, quelques motifs d’espoir existent : la conférence de New-York a acté une
exceptionnelle mobilisation des bailleurs de fonds en faveur de la reconstruction du pays. Et
on peut espérer que l’économie de la reconstruction aura un effet d’entrainement sur
l’ensemble de la société haïtienne. La situation extrêmement difficile à laquelle fait face le
pays pourrait ainsi, paradoxalement, représenter une opportunité de refondation du pays.
Dans le secteur urbain, les documents élaborés par l’État suite au séisme mettent le
rééquilibrage Port-au-Prince / Province au cœur de l’agenda politique. La décentralisation
politique et le développement d’une économie dans les villes secondaires sont présentés
comme indispensables à la croissance du pays. La reconstruction de l’État haïtien prendra des
années et les collectivités locales peuvent ainsi constituer une échelle pertinente pour la
reconstruction d’institutions publiques efficaces à moyen terme.
Pays historiquement rural, la paysannerie haïtienne représentant l’essence même de la nation,
Haïti devient peu à peu un pays de citadins. De grandes villes émergent, contribuant à
structurer le territoire national. Mais cette urbanisation s’est faite sans contrôle ni
aménagement, la bidonvilisation étant largement perçue comme un tropisme local contre
lequel on ne peut rien. L’arrivée de déplacés du séisme accentue la pression foncière et la
précarité dans les villes de Gonaïves et de Cap Haïtien.
Les récentes lois de décentralisation ont transféré de nombreuses compétences aux communes
et les maires sont aujourd’hui élus au suffrage universel. Mais cette décentralisation est
largement virtuelle, le transfert de charges ne s’étant pas accompagné de transfert financier.
Ainsi les communes se trouvent sans moyen pour gérer leur territoire, maîtriser leur
développement et fournir les services publics essentiels.
Pour autant, l’apparition d’élus locaux a changé la donne localement, puisque ces édiles
doivent aujourd’hui rendre des comptes aux citoyens sur des projets locaux et concrets.
L’échelon communal peut ainsi jouer le rôle de porteur de projets et de fédérateur d’initiatives
locales. C’est particulièrement le cas pour la collecte des déchets, filière qui repose
essentiellement sur l’activité d’entreprises ou d’ONG de quartiers. Dans son Plan d’Action
post-séisme, le gouvernement formule la nécessité de s’appuyer sur les provinces pour
structurer le développement socioéconomique national.
Le Cap-Haïtien est la métropole du nord, tournée largement vers les États-Unis. La ville
dispose d’un réel potentiel de développement touristique et économique. Le département du
Nord est d’ailleurs considéré comme prioritaire en termes d’investissements économiques
suite au séisme du 12 janvier. La municipalité y est certainement la mieux structurée d’Haïti,
même si ses moyens restent très faibles. La question des déchets y est prioritaire, notamment
dans une optique de développement touristique à moyen terme et d’amorce d’un « cercle
vertueux de développement ». De ce point de vue, la situation est catastrophique, puisque la
majeure partie des déchets collectés est revendue et déversée dans la mangrove qui borde la
ville, contribuant à créer des « polders » de déchets. C’est donc l’ensemble du système de
collecte et traitement des déchets qu’il faut revoir, et qui constituera la principale composante
du projet. Cette refonte de la filière s’accompagnera d’actions de renforcement de capacités,
en partenariat avec la ville de Suresnes qui a développé une coopération décentralisée avec le
Cap-Haïtien. Le projet s’inscrit dans les mesures à court terme du plan de redressement
national visant à renforcer l’administration territoriale. Enfin, il est proposé d’amorcer une
politique de mise en valeur du patrimoine urbain du Cap-Haïtien, le plus important d’Haïti.
Les Gonaïves, ville de l’Indépendance, est très fréquemment soumise aux risques
d’inondation. À deux reprises, en 2004 et 2008, la ville a été submergée par un torrent de
boue, la laissant anémique, faisant des milliers de victimes et obligeant à sa quasi
reconstruction. La question des déchets est prioritaire, les cyclones ayant détruit le peu
d’équipements existants. Le projet financera la réorganisation de la filière et l’aménagement
d’un centre d’enfouissement technique (CET). Outre cette composante centrale, un important
dispositif d’assistance technique est envisagé. Enfin, la problématique clef de la ville étant la
question de la protection contre les inondations, il est proposé d’appuyer la municipalité pour
l’urbanisation du plateau du Morne Blanc, vaste zone située à la périphérie de la ville. Cet
espace pourrait accueillir le développement futur de la ville (qui est accéléré par l’arrivée des
sinistrés du séisme), car situé à proximité d’importantes voies de communication et sur des
terrains non inondables. L’ensemble du projet d’appui aux Gonaïves a été élaboré et sera mis
en œuvre en partenariat avec les acteurs de la coopération décentralisée : Région Île-deFrance, SIAAP (Syndicat d’assainissement de Paris), Suez-environnement et ARENE
(Agence régionale pour les énergies nouvelles). L’AFD et ces partenaires sont regroupés dans
un « comité Gonaïves », qui permet une mutualisation des moyens et un dialogue stratégique
constant et durable.
Les composantes du projet sont donc les suivantes :
Aux Gonaïves et au Cap Haïtien :
- gestion des déchets, tant les investissements que l’appui à la gestion (formation,
équipement, règlementation, exploitation, études…) ;
- renforcement des capacités municipales (fiscalité, formation, assistance technique…) ;
Aux Gonaïves :
- aménagement du plateau du Morne Blanc (plan d’aménagement, aménagement de
parcelles, voirie primaire, équipements…) dans une optique de projet pilote.
Au Cap-Haïtien :
- valorisation du patrimoine (inventaire, règlementation, sensibilisation, études, projets
pilote de réhabilitation / valorisation) dans une optique de classement du site.

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