GONAÏVES, VILLE SUBMERGÉE

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VIATEURS EN MISSION No 304 décembre 2008 3
HAÏTI
GONAÏVES, VILLE SUBMERGÉE
e mardi matin, 2 septembre
2008, la ville des Gonaïves
s’est réveillée complètement
engloutie sous les eaux. À certains endroits, la hauteur de l’eau atteignait
jusqu’à deux mètres.
Désormais, il y a deux villes aux Gonaïves. L’une, « la sèche », en flanc du
mont Biennac, est bruyante et poussiéreuse. L'autre, « l’humide », à hauteur
de mer, est une cité de morts-vivants.
On y accède en s'engageant dans les
ruelles inondées où l'on s'enfonce parfois jusqu'à la taille. Toute la journée,
les gens ne cessent de marcher dans
l'eau et la boue. Le soir venu, après
avoir erré en quête de nourriture, certains s'enduisent les jambes de jus de
citron vert pour tenter de se désinfecter
la peau. Les maringouins et les millepattes pullulent dans cette mare. La
fumée âcre des feux de charbon ne suffit pas à les chasser. Et cela dure depuis
des jours. Dans cette cité submergée,
écrasée, il n'est pas une demeure qui ne
soit abîmée. Comment une population
peut-elle être à ce point éprouvée? Tous
acceptent ce destin. Les enfants ont appris très jeunes que crier ne sert plus à
rien…
Sur la place de l'Indépendance, se
dresse la cathédrale. Moderne et imposant, cet édifice est le cœur de la ville
« humide ». Ceux et celles qui ont tout
perdu la nuit de l’ouragan « Hanna »
sont venus s'y réfugier. Le rez-dechaussée est encore envahi de glaise.
Un escalier permet d’accéder au balcon,
où des gens se sont rassemblés. Debout
dans les marches ruisselantes, des femmes immobiles pleurent…
La nuit où l’ouragan « Hanna » a frappé, certaines de leurs voisines sont
mortes noyées dans leur maison, coincées entre le toit et l’eau qui ne cessait
de monter. Mais elles, favorisées par
on ne sait quelle chance, ont réussi à
échapper au piège et à grimper sur le
toit de leur maison. Elles n’ont plus jamais revu leurs compagnes.
Aujourd’hui, prostrées dans cette grande église, elles n’ont même pas de quoi
s’acheter un litre d’eau potable et un
morceau de pain. À quelques mètres
d’elles, se tiennent assis, des vieillards à
bout de force et des enfants à peine vêtus. Ils sont trop faibles pour affronter la
cohue de distribution, que tente d’organiser la force de sécurité de l’ONU.
Pour manger, il faut avoir des coupons
de rationnement. On en donne à peine
une cinquantaine chaque jour pour plus
de 200 000 sinistrés. Les rations de
nourriture sont réservées aux femmes et
aux enfants. Mais certains hommes
n’hésitent pas à les dépouiller pour revendre ce misérable butin. Les adultes
les plus vigoureux ont formé un comité
pour tenter de survivre et de répartir au
mieux leur rare nourriture.
C
Vue aérienne des Gonaïves après le passage de l’ouragan Hanna.
4 VIATEURS EN MISSION No 304 décembre 2008
La nuit, armés de bâtons, ils tentent de
repousser les pillards qui viennent voler
les vivres nécessaires à leur subsistance.
La misère de la ville « humide » s’étend
ainsi jusqu’à la mer, à travers les ruelles
défoncées de la « basse ville » et du
quartier de Raboteau, où se trouvent les
« salines ». Depuis plusieurs jours, les
habitants vivent dans le dénuement et
sans espoir. Le passage de ces deux ouragans meurtriers, comme l’ouragan
« Jeanne » en 2005, a englouti les maigres biens qu’ils avaient. Une fois encore, toutes leurs baraques ont été emportées ou ravagées. Depuis des jours,
la ville des Gonaïves survit, isolée du
reste d’Haïti. La route vers Port-auPrince est coupée. Les ponts se sont affaissés sous la violence de la crue du
grand fleuve Artibonite.
[…] « Toute la journée, les gens ne cessent de marcher dans l’eau et la boue. »
REMERCIEMENTS
Bouleversés et émus par le nouveau drame et les souffrances que vivent la population des Gonaïves et les Viateurs engagés dans cette ville, un grand nombre de bienfaitrices et de bienfaiteurs n’ont pas hésité à manifester
leur solidarité par l’envoi de chèques, parfois substantiels.
Nous sommes heureux de vous annoncer qu’au 1er décembre, ces montants totalisent la somme 175 000$ CA.
Le F. Jean-Claude Guay, comptable au Bureau des Missions des Clercs de Saint-Viateur s’est empressé
d’acheminer ces dons aux responsables en Haïti pour les aider à répondre immédiatement aux besoins les plus
urgents de ces nombreux sinistrés de la ville submergée des Gonaïves.
Pour votre générosité, au nom de nos frères et sœurs d’Haïti, nous vous disons un sincère merci!
Père Raoul Jomphe, csv,
directeur de la revue VIATEURS
EN MISSION.
Courriel :
raouljomphe@videotron.ca
Frère Jean-Claude Guay, csv,
comptable au Bureau des Missions
Saint-Viateur.
Courriel :
missionsstviateur@videotron.ca

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