Incidents Aux Gonaives 16 Nov 05 - Rnddh

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RESEAU NATIONAL DE DEFENSE DES DROITS HUMAINS
(RNDDH)
COMMISSION EPISCOPALE NATIONALE JUSTICE ET PAIX
(JILAP)
Incidents aux Gonaïves
Le RNDDH et la JILAP font le point
Novembre 2005
Incidents aux Gonaïves, le RNDDH et la JILAP font le point 1
Introduction
En dépit de l’installation, en mars 2004, d’un gouvernement de transition dont la mission principale est de créer
un climat de paix et d’apaisement social favorable à l’organisation d’élections libres, honnêtes et
démocratiques, une situation de tension ponctuée d’actes de violence et de vandalisme règne aujourd’hui encore
en Haïti. D’avril 2004 à nos jours, plus de mille deux cents (1200) personnes ont trouvé la mort.
A Port-au-Prince et dans certaines villes de province, la vie est banalisée. N’importe quel incident mineur peut
se transformer en conflit armé entraînant des pertes en vies humaines et des dégâts matériels. Au cours des mois
de septembre et d’octobre 2005, un conflit a mis aux prises les résidents de Raboteau à ceux de Jubilé Blanc
aux Gonaïves.
Informés de la situation, le Réseau National de Défense des Droits Humains (RNDDH) et la Commission
Episcopale Nationale Justice et Paix (JILAP), deux (2) institutions membres de la Plateforme des Organisations
Haïtiennes de Droits Humains (POHDH), ont dépêché une délégation aux fins d’enquêter sur ce qui s’est
réellement passé.
Ce rapport présente les résultats de l’investigation menée les 18 et 19 octobre 2005.
I.- Méthodologie
La méthodologie utilisée dans le cadre de cette enquête était la suivante :
• Entretien avec les autorités judiciaires et policières :
- le Commissaire du Gouvernement des Gonaïves ;
- le Délégué Départemental de l’Artibonite ;
- le Doyen du tribunal civil de première instance des Gonaïves ;
- le responsable du Commissariat des Gonaïves ;
• Entretien avec certaines organisations de Défense de Droits Humains :
- Justice et Paix des Gonaïves ;
- Section des Droits Humains de la Mission des Nations Unies pour la Stabilisation en
Haïti (MINUSTAH) ;
• Entretien avec le responsable de la section de Démobilisation, Désarmement et Réinsertion de la
MINUSTAH aux Gonaïves ;
• Rencontre avec les victimes, parents de victimes et certains témoins;
• Visite des lieux où les événements se sont produits.
La délégation a rencontré les résidents de Jubilé Blanc. Dans un souci d’équilibre, elle s’est rendue à Raboteau
mais, en raison de la tension régnant dans le quartier, elle a rebroussé chemin.
Incidents aux Gonaïves, le RNDDH et la JILAP font le point 2
II.- Présentation de la ville des Gonaïves
Chef lieu du département de l’Artibonite, la commune des Gonaïves est divisée en cinq (5) sections
communales : Pont Tamarin, Rivière de Bayonnais, Poteau, La Branle et Bassin. Elle englobe les zones de
Trou-Sable, Bigot, Sepren, Asifa, Parc Vincent, Ka-Soleil, Bienac, Gatereau, Praville et Bois-Dorme. Les
deux (2) quartiers rivaux, en l’occurrence Jubilé Blanc et Raboteau se retrouvent en plein cœur de la ville. En
raison de leur contiguïté, ils sont respectivement appelés Haut Raboteau et Bas Raboteau.
III. Exposé des faits
Le 14 septembre 2005, Youri LATORTUE, candidat au Sénat pour le Département de l’Artibonite, accompagné
de certains membres de l’Armée Cannibale, à bord d’un (1) camion, sont arrivés à Jubilé Blanc dans le but de
procéder au ramassage d’immondices entreposées à la rue Christophe. Alcius PIERRE JEAN, dit Ti Will, un
résident de Jubilé Blanc, est intervenu pour faire des remontrances aux accompagnateurs de Youri LATORTUE.
Il leur aurait reproché de revenir à Jubilé Blanc après y avoir brisé, la veille, les lampadaires. Cela aurait
entraîné une vive dispute aux cours de laquelle Saint Juste ADECLAT, membre de l’Armée Cannibale, aurait fait
savoir à Alcius PIERRE JEAN qu’il n’a pas le droit de tenir de tels propos à un chef. Alcius PIERE JEAN de
rétorquer qu’il est également chef de son fief. En réaction, Alcius PIERE JEAN a été bousculé puis menacé de
mort.
Le 18 septembre 2005, quatre (4) jours plus tard, Saint juste ADECLAT, Serges GILLES, Jumeau et Djo ainsi
connus, et Consorts, membres de l’Armée Cannibale, sont revenus à Jubilé Blanc et ont provoqué une vive
dispute avec Rosy JEAN BAPTISTE, une résidente du quartier dont la maison est voisine de celle d’Alcius PIERRE
JEAN. Djo ainsi connu, muni d’un (1) couteau, a saisi soudainement Roseline JEAN BAPTISTE aux collets et lui a
adressé des menaces de mort. Attiré par le vacarme, Alcius PIERRE JEAN, dit Ti Wil, est sorti de sa maison pour
se renseigner. Dès son arrivée, il a été abattu de trois (3) projectiles dont une à la jambe gauche et les deux (2)
autres au niveau de sa clavicule gauche. Après avoir commis leur forfait, les membres de l’Armée Cannibale,
ont regagné leur fief en criant haut et fort avoir accompli leur mission.
Le 19 septembre 2005, l’appareil judiciaire, requis par la famille du défunt, s’est transporté sur les lieux aux fins
de constat. Le Parquet des Gonaïves, saisi du dossier, a émis un mandat à l’encontre de Saint Juste ADECLAT et
de ses acolytes. En dépit de cela, les membres de l’Armée Cannibale, forts de leur accointance politique, ont
défié et défient encore les autorités policières et judiciaires.
En représailles, le 22 septembre 2005, les membres de l’Armée Cannibale se sont encore une fois rendus à
Jubilé Blanc. Informée, la Police Nationale d’Haïti (PNH) est intervenue à temps. L’Armée Cannibale a dû
battre en retraite. Après cet incident, les habitants de Jubilé Blanc ont monté des brigades de vigilance pour
faire face aux éventuelles attaques de l’Armée Cannibale.
Le 23 septembre 2005, le Délégué Départemental de l’Artibonite d’alors, Elie CANTAVE, a visité la famille du
défunt Alcius PIERRE JEAN. Les proches de la victime ont profité de la présence du Délégué pour exiger
l’arrestation des auteurs de cet assassinat. Pour soutenir leurs démarches, des barricades enflammées sont
entreposées à l’entrée de Jubilé Blanc et dans d’autres artères de la ville, en vue de contraindre les autorités à
satisfaire à leurs revendications.
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Le 10 octobre 2005, suite à une intervention à Raboteau, la PNH a procédé à l’arrestation de Vernat JOSEPH. En
réaction, les membres de l’Armée Cannibale, scindés en deux (2) groupes ont décidé d’attaquer de front les
agents de la PNH et les résidents de Jubilé Blanc. Plusieurs personnes sont blessées par balles.
Le 11 octobre 2005, Berto ADECLAT, alias Kafou, résident de Raboteau et membre de l’Armée Cannibale, est
lynché à la rue Clerveaux par la brigade de vigilance de Jubilé Blanc. En revanche, les membres de l’Armée
Cannibale, lourdement armés, sont intervenus à Jubilé Blanc et s’en sont pris à tout ce qui était à leur portée.
Le bilan de cette descente des lieux est lourd : plusieurs personnes sont blessées par balles, des maisons pillées
et d’autres incendiées. Dans la foulée, la PNH a fait son apparition. Des échanges de tirs sont enregistrés au
cours desquels un (1) policier a été blessé.
Le 12 octobre 2005, les membres de l’Armée Cannibale sont retournés à Jubilé Blanc. Les casques bleus, cette
fois-ci, sont arrivés en renfort portant les assaillants à se replier. Le même jour, une patrouille de la MINUSTAH a
essuyé des tirs à Raboteau. En réaction, elle a procédé à l’arrestation de Serge GILLES, un (1) membre de
l’Armée Canibale alors que ce dernier tentait de s’enfuir.
Le 16 octobre 2005, les membres de l’Armée Cannibale ont tenté sans succès un raid contre le Commissariat de
Police dans le but de libérer Vernat JOSEPH et Serge GILLES. Cette situation a poussé les autorités à procéder au
transfert de ces deux (2) retenus à la Prison civile de l’Arcahaie, le 18 octobre 2005.
IV.- Bilan
Le bilan des événements qui se sont produits aux Gonaïves au cours des mois de septembre et d’octobre 2005
est ainsi présenté :
PERSONNES TUEES
NOMS & PRENOMS DATE REMARQUES
Alcius PIERE JEAN, 18 septembre 2005 par balles
Bertho ADECLAT 11 octobre 2005 par armes blanches
Jocelyn CHARLES 12 octobre 2005 par balles
PERSONNES BLESSEES
NOMS & PRENOMS DATE REMARQUES
Aniola DECIUS 10 octobre 2005 blessé à la cuisse gauche
Jean Ricardy HERMILUS 11 octobre 2005 ; blessé par balles à la jambe droite
Guirlène ALEXANDRE 11 octobre 2005 blessée à la cuisse gauche
Vladimir ALEXANDRE 11 octobre 2005 blessé par balles à la cuisse gauche
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Sept (7) personnes molestées
Fritzline THEBEAU
Chachou DELVA
Son MOISSEAU
Djakislife JACQUES
Aliancy ORELUS
Un enfant de quatre (4) ans
Jean Claude ainsi connu
Vingt-trois (23) maisons saccagées ou incendiées et huit boutiques pillées :
Liste des personnes ayant eu leur maison saccagée et/ou incendiée :
1. Bertho AMISIAL
2. Roger DORILIEN
3. Guy Timber CHERY
4. Danis JOSEPH
5. Cica BRUTUS
9. Charles STINPHIL
10. Suzanne DARIUS
11. Clara FLERANCIEN
12. Dornevil JOACHIM
13. Shella JEAN NOËL
17. Marie JOSEPH
18. Provilie ANDRE
19. Claudel MORISSEAU
20. Félicia MOROSE
21. Gabriel JULES
6. Joël CHERILUS
7. Josette MERISIER
8. Tififie JEAN NOËL
14. Jeannelle THEBAUD
15. Romène DORCELIEN
16. Ti Tonton PHILIPPE
22. Chrismène DESIR
23. Un informateur de la
MINUSTAH
Liste des commerçants dont les marchandises ont été volées :
1. Rosy JN BAPTISTE
2. Gabriel JULES
3. Ti Citron BERNARD
4. Esther LIMAGE
5. Paulette CONSTANT
6. Rose Mie GERMAIN
7. Silianie JN BAPTISTE
8. Stéphanie SIBIL
9. Nanotte GUSTAVE
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V.- Analyse des Faits
Une année après les dégâts causés par la Tempête Jeanne, tempête ayant entraîné des pertes tant humaines que
matérielles, la population des Gonaïves vit dans un total dénuement ce, malgré l’apport massif en matériel et en
capitaux que le gouvernement et certaines ONG ont reçu, en son nom, des communautés nationale et
internationale.
Au lieu d’élaborer un plan de réaménagement des Gonaïves, les autorités de l’Etat préfèrent ignorer la misère
dans laquelle végète la population de cette ville pour consolider leur pouvoir ou atteindre leurs ambitions
électoralistes en utilisant les mêmes méthodes que leurs prédécesseurs par l’établissement de bons rapports avec
les groupes armés.
Cette situation crée un climat de violence nourri d’impunité. Les membres de l’Armée Cannibale, bénéficiant
de la complicité et de la permissivité de ces autorités, sont répertoriés dans les différentes administrations
locales. Ils nomment et révoquent à leur guise. Ils tuent, blessent, volent, violent et incendient sans aucune
inquiétude, malgré la présence des agents de la PNH et des forces onusiennes. Mêmes les membres de l’appareil
judiciaire ne sont exempts de leurs agissements. Un juge d’instruction, craignant pour sa sécurité, s’est dessaisi
le 6 septembre 2005 du dossier de l’assassinat de Lucienne DAMUS, suite aux diverses menaces reçues des
membres de l’Armée Cannibale.
Le RNDDH et la JILAP considèrent que cette situation de violence, qui a régné aux Gonaïves durant ces deux
(2) derniers mois et qui peut ressurgir à tout moment, découle de la complaisance des autorités actuelles vis à
vis des groupes armés et de certains criminels de droits communs, sous prétexte que ces derniers ont participé
au renversement du Pouvoir Lavalas. Citons entre autres :
1. Le cas de Francesca GABRIEL, une fillette âgée de six (6) ans qui a été lâchement assassinée dans la
nuit du 13 novembre 2004, par Wilford FERDINAND, dit Ti Will. Ce dernier circule en toute quiétude
malgré un mandat d’arrêt émis contre lui.
2. le cas de Ketly JOSEPH et Lucienne DAMUS qui ont été blessées lors d’un raid mené le 27 Août 2005
par l’Armée Cannibale contre le Commissariat des Gonaïves. Quelques jours plus tard, Lucienne
DAMUS a succombé à ses blessures. Les mandats émis dans le cadre de cette affaire, à l’encontre de
Saint Juste ADECLAT, de Vernat JOSEPH et consorts ne sont point exécutés.
Le désarmement des individus, groupes ou bandes illégalement armés et l’arrestation de tous les criminels et
violateurs de droits humains, devraient être des priorités pour le gouvernement actuel et la MINUSTAH. Pourtant,
plus d’une année après l’installation de ce gouvernement et, malgré la présence des forces de l’ONU, ce
désarmement n’est toujours pas réalisé et des criminels de haut calibre circulent librement.
VI.- Recommandations
En vue de mettre fin au climat d’insécurité et de terreur qui règne dans le pays et particulièrement aux
Gonaïves, le RNDDH et la JILAP, membres de la POHDH, recommandent au gouvernement ALEXANDRE /
LATORTUE de prendre toutes les mesures qui s’imposent pour :
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• Enquêter sur les incidents survenus dans la Cité de l’Indépendance au cours des mois de septembre et
d’octobre 2005 ;
• Arrêter et punir tous les auteurs et co-auteurs des actes de violence perpétrés au cours de ces incidents ;
• Arrêter tous les individus ayant commis des crimes et des actes de violation de droits humains ;
• Désarmer tous les groupes illégalement armés ;
• Travailler à l’établissement d’un climat de confiance et de franche collaboration entre la PNH et la
MINUSTAH ;
• Mettre sur pied un programme de développement aux Gonaïves en vue de réduire la pauvreté.

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